🥳 Cette Cour Juge Les Crimes En France

Enratifiant le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, la France et 122 autres Etats ont donné une compétence plus générale à cette Cour, chargée de juger les crimes les plus graves commis sur leurs territoires ou par leurs ressortissants, dans l’hypothèse où ils ne pourraient ou ne voudraient les juger eux-mêmes. Dans les SUabEbl. Ce très court lexique a d'abord été réalisé pour des journalistes et notamment pour les relecteurs de dépêches d'agences de presse qui ne sont pas spécialisés, en confirmant -ou infirmant- le bon usage d'un terme. Il n'est pas seulement alphabétique, car les définitions comportent en caractères gras les mots dérivés ou les locutions suggérées par le est de plus en plus rapide et la concurrence est telle qu’elle a permis une diffusion low cost de nouvelles pas toujours vérifiées ou incomplètes. Lire un article de presse sur papier ou sur Internet, écouter les informations à la radio et même regarder le journal télévisé exige de faire preuve d’une grande vigilance, notamment en matière dit pour un arrêt de cour d'assises déclarant l'accusé non coupable. En correctionnel, le prévenu est la personne mise en examen», après son renvoi devant la cour d' pécuniaire versée au trésor public. À distinguer des dommages et qui résulte de l'application d'une loi générale ou spéciale. Elle peut concerner des peines inférieures à un seuil précis qui sont effacées lors d'événements particuliers. élection du président de la République, etc République etc.... Elle peut aussi concerner des faits qui ne sont donc plus poursuivables crimes et délits commis en relation avec la guerre d'Algérie, etc.... Il est interdit de faire état d’une condamnation amnistiée. Mais les faits appartiennent à l' appel contester une décision d'un tribunal, des prud'hommes, du conseil de la concurrence, etc. devant la cour d'appel. Interjeter appel n'est pas encore archaïque. L'arrêt de la cour peut confirmer ou infirmer la décision, totalement ou quelqu'un directement devant le tribunal par le biais d'une assignation. Voir aussi citation procès, même s'il dure une semaine ou un mois ne comporte qu'une seule audience. Dans un long procès ne pas écrire au cours de l'audience de mercredi...», mais lors des débats de mercredi...»BarreauEnsemble des avocats attachés à un tribunal de grande est d'usage d'attribuer définitivement ce titre à tout avocat ayant un jour été élu chef de son ordre. Ce qui impose la formule le bâtonnier en exercice...» pour désigner le chef actuel de l' directeMoyen qui permet de poursuivre quelqu'un sans déposer une plainte. Il n'y aura pas d'instruction. Cette personne sera citée directement devant le tribunal pour répondre du délit invoqué par la partie civile. À l'audience, le parquet décidera de se joindre à la poursuite ou de laisser l'affaire entre parties. Le parquet peut aussi recourir à la citation directe dans les affaires rogatoireMission donnée par un juge à l'un de ses collègues ou à un officier de police judiciaire pour procéder, en son nom, à des actes d'instructionperquisition, audition, etc.Comparution immédiateProcédure de jugement rapide autrefois nommée flagrants délits ».ConseillerJuge appartenant à une cour ou à un conseil Conseil d'État, cour d'appel- Cour de cassation, conseil des prud'hommes.Contrôle judiciaireEnsemble des mesures contraignantes imposées à une personne mise en examen et laissées en libertécaution financière, remise du passeport, pointage au commissariat, etc....ContumaceCette procédure a été supprimée par la loi 9 Mars s’agissait du jugement et de la condamnation d'un accusé absent devant la cour d'assises. Le condamné s'appelait alors le contumax. adjectif latin signifiant obstiné», orgueilleux» qui a dérivé en rebelle». Désormais, il faut parler de défaut criminel ». Le jugement est de pures formes, car le condamné, une fois arrêté, sera rejugé dans les formes d'assisesJuridiction criminelle départementale. On écrit la cour d'assises du Nord» et non pas la cour d'assises de Douai. Comme on le voit, elle n'est pas toujours dans le chef-lieu...DélibéréPar extension de la notion de délibération, désigne le temps consacré par les juges à la rédaction de la décision. Varie de quelques minutes à plusieurs mois. Par une autre extension, désigne aussi le fait que la décision ne sera pas rendue à l’issue des débats on dit sur le siège » mais mise en délibéré ».Détention provisoireIncarcération décidée par une juridiction d'instruction pour des motifs limités. Depuis 1970, on ne devrait plus parler de détention préventive. La liberté n'est jamais ou écrit portant atteinte à l'honneur ou à la considération du plaignant. C'est un délit jugé en correctionnel selon une procédure particulièrement complexe. Si le plaignant a choisi de poursuivre devant le tribunal civil, l'auteur des propos litigieux peut être condamné pour une faute dont il doit réparer le et intérêtsréparation financière d'un préjudice qui est versé à la victime ou à ses ayants droit familles, héritiers, etc... À distinguer de l'amende qui est une pas archaïque. C'est le mot juste indiquant que le plaignant n'a pas obtenu satisfaction et que ses demandes ont été d'un prévenu au tribunal correctionnel. Il peut faire opposition au jugement le condamnant par défaut et sera rejugé. Ne pas confondre avec le prévenu absent mais cité à comparaître dans les formes régulières qui sera jugé dans un débat réputé contradictoire. Celui-ci ne pourra que faire appel de sa condamnation. Selon une procédure un peu différente, le défaut a remplacé la contumace en matière préliminaireInvestigations effectuées sous la seule autorité du provisoireFormule parfois ajoutée au jugement dont l'importance est capitale, car elle oblige le condamné à exécuter la décision des juges même s'il fait appel. nonobstant appel- mais il s'agit là d'un langage qui a un parfum de maréchaussée.JugesMagistrats du siège. Ce sont les seuls à rendre des décisions judiciaires. La confusion avec les membres du parquet se lit parfois dans des organes sérieux. Ainsi, la formule le juge X de la section anti-terroriste du parquet de Paris...» contient une lourde erreur qui a la vie général pour désigner les juges même les membres non professionnels d'un jury et les représentants du en examenNouvelle terminologie pour l'inculpation. Dans le Code de procédure pénale, le législateur a remplacé l'inculpé» par cette interminable locution la personne mise en examen». Le mot inculpation» et ses dérivés restent valables pour les personnes poursuivies avant le 24 août 1993 et pour les procédures au B2Formule par laquelle les magistrats décident que la condamnation ne figurera pas au casier de la formule non lieu à poursuivre». Blanchi l'intéressé de tout soupçon lorsque cette décision devient hiérarchisé de la magistrature. Soumis à l'autorité du ministère de la justice. Dispose de l'opportunité des poursuites en décidant ou non d'ouvrir une information judiciaire» qui sera menée par un juge d'instruction ou de saisir le tribunal correctionnel. À tous les stades de la procédure le parquet présentera des avis sous forme de réquisitions, dans un réquisitoire. Ce corps est formé de bas en haut par les substituts, les procureurs, des substituts généraux, les procureurs généraux. À l'audience de la cour d'assises, même si c'est un jeune substitut qui occupe le siège du ministère public autre nom du parquet, il est de règle de lui donner le titre d'avocat général même dans le compte rendu d'audience. Au tribunal, la courtoisie judiciaire veut que l'on s'adresse au parquet par la formule Madame ou Monsieur le Procureur». Mais dans un article cette formule ne sera reprise que s'il s'agit effectivement du procureur du lieu qui s'est dérangé en personne. Sinon ce sera X...substitut du procureur de la République ou la le substitut X...,, la le représentante du parquet, le parquet ou le ministère public. Dans plusieurs décisions récentes, la Cour Européenne des droits de l’Homme considère que le parquet français n’est pas une autorité judiciaire indépendante au sens de l’article 5 de la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés civileLa victime ou sa famille. Il arrive qu'une partie civile soit de sûretépériode pendant laquelle le condamné ne pourra bénéficier d'aucun aménagement de la peine permission de sortir, semi-liberté, etc . C'est une mesure d'exécution de la peine. La locution peine de sûreté» est une grave erreur que sa fréquence n'excuse pas. La peine est le temps d'incarcération figurant sur l'arrêt de de sortirAutorisation de sortir de prison accordée à un détenu pour une période précise. Écrire permission de sortie» est une faute tant sur le plan juridique que sur celui de la peut être contre X... ou contre personne dénommée. Elle peut être déposée au parquet ou devant le doyen des juges d'instruction ou à son cabinet. Attention aussi à la différence entre l'annonce de l'intention de déposer une plainte très courante et le réel dépôt de la plainte moins fréquent- à vérifier. Dans certains cas, il n'est vraiment effectif qu'après le versement d'une consignation. On peut se désister en retirant sa plainte. Porter plainte» devrait être réservé au langage parlé. Outre sa forme populaire et imagée, cette locution empêche de s'interroger sur la forme réelle de la réservé aux recours devant la Cour de Cassation. Ce n’est pas un nouvel appel. La Cour de Cassation n’examine pas le fond de l’affaire. Elle vérifie seulement la légalité de la décision au terme duquel aucune poursuite ne peut plus être engagée. Il est de 10 ans pour les crimes et de trois ans pour les délits. Attention, le point de départ de ce délai est parfois difficile à déterminer, car la prescription peut avoir été interrompue par certaines circonstances ou certains actes judiciaires. La loi et la jurisprudence prévoient des cas particuliers crimes sur les mineurs et les délits continus » comme le recel, abus de biens sociaux.... Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles. Dans les conflits civils, la prescription est de trente renvoyée devant le tribunal correctionnel. La qualification juridique retenue contre lui constitue la prévention. Le premier sens du mot prévenir», en latin praevenire -venir devant- était celui de citer en justice». Ensuite, dans le langage courant, il a dérivé vers aller au-devant, puis criminelleForme de condamnation réservée à la cour d'assisesRéféréProcédure civile d'urgence principalement destinée à faire cesser un trouble manifestement illicite ou à figer une situation pour préserver les intérêts du plaignant. Le juge ou le tribunal des référés ne se prononcent jamais sur le fond du litige. Aussi, celui qui a obtenu satisfaction provisoirement ne peut dire qu'il a gagné son procès, car l'affaire sera examinée au fond ultérieurement par le tribunal civil. En outre, certaines mesures comme les saisies conservatoires sont souvent accordées automatiquement. Il peut aussi être décidé qu'il n'y a pas lieu à référé. Ce qui peut signifier seulement qu'il n'y a pas urgence ou que le trouble n'est pas manifestement une déclaration de non-culpabilité réservée aux délits et qui correspond à l'acquittement pour les crimes. Le prévenu est relaxé des poursuites engagées. du latin relaxare desserrer» ou élargir»; ce dernier mot est encore utilisé dans le sens de libérer, mettre en liberté.SursisPartie de la peine que le condamné est dispensé d'exécuter s'il n'est pas à nouveau condamné dans un délai de cinq ans. AUDIENCE DE RENDU DE LA DÉCISION DE LA CHAMBRE CRIMINELLE DE LA COUR DE CASSATION, LE 24 MAI à 14H00, PALAIS DE JUSTICE-PARISParis, Buenos Aires La Chambre Criminelle de la Cour de Cassation française tiendra le 24 mai à 14h00 une audience pour rendre la décision sur la demande d’extradition de Mario Sandoval, soumise il y a six ans par la République d’Argentine. Nos organisations espèrent que la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation rendra une décision qui confirmera les décisions exemplaires des Cours d’Appel de Paris et de Versailles, conformes aux obligations internationales de la France en matière de poursuites des auteurs de disparition forcée, et ainsi permettra l’extradition de Mario Sandoval en Argentine. Ancien officier de la police de Buenos Aires, Mario Sandoval est poursuivi en Argentine pour crimes contre l’humanité commis durant la dictature 1976-1983. Pour nos organisations, il est temps que Mario Sandoval - installé en France depuis 1985 - soit extradé et réponde de ses actes devant la justice argentine. Cette audience fait suite au pourvoi présenté par Mario Sandoval devant la Cour de Cassation à l’encontre de l’avis favorable à son extradition rendu par la Cour d’Appel de Versailles, le 19 octobre 2017, et à une audience de la Chambre criminelle de Cour de Cassation le 11 avril 2018 ayant examiné le pourvoi. Un premier avis favorable avait été rendu par la Cour d’Appel de Paris le 28 mai 2014. Mario Sandoval est poursuivi dans le cadre de l’enquête menée par le juge argentin Sergio Torres sur les crimes commis au sein de l’École supérieure de mécanique de la marine ESMA de Buenos Aires, le plus grand centre de détention et de torture clandestin, dans lequel plus de 5 000 détenus ont disparu durant la dictature. Mario Sandoval est mis en cause, alors qu’il était agent de la division des affaires politiques de la police fédérale argentine, dans l’enlèvement et la disparition, en octobre 1976, d’Hernán Abriata, militant de la Jeunesse universitaire péroniste. Il est à noter que M. Sandoval a par ailleurs proféré des menaces et mené une campagne de diffamation le 7 avril dernier à l’encontre de l’organisation de défense des droits humains HIJOS, regroupant des enfants de disparus, de victimes d’assassinat, de prisonniers politiques et d’exilés sous la dictature et se consacrant à la défense des droits humains et à la recherche de la vérité et de la justice [1]. La famille Abriata, en particulier la mère d’Hernán, Beatriz, âgée de 92 ans, et son épouse, Mónica Dittmar, témoins impuissantes de son enlèvement, réclament justice depuis plus de 40 ans. En discrétion, derrière les échos de la guerre en Ukraine, des incendies en France ou des bouchons des vacanciers de juillet, la Cour pénale internationale CPI fête un double anniversaire. Ce 17 juillet, en 1998, 120 états ont signé un traité, baptisé le "statut de Rome" l’acte qui a fondé une Cour pénale internationale permanente. Et en juillet 2002, quatre ans plus tard, la "CPI" était affectivement inaugurée à La Haye, aux Pays-Bas. C’était il y a vingt ans. Ces deux décennies d’existence ne sont pas venues à bout de l’idéal que la CPI incarne, ni de ses maladies de jeunesse et controverses. Une cour pour une justice internationale123 pays ont aujourd’hui ratifié ce "statut de Rome". La naissance de cette Cour, c’était l’espoir de voir comparaître et condamner, par une justice internationale, de grands criminels de guerre, des génocidaires. La fin de l’impunité pour les actes les plus graves. Le "statut de Rome" délimite clairement la portée de la CPI. La cour peut faire comparaître quelqu’un pour crime de guerre, crime d’agression, crime contre l’humanité et génocide. La CPI ne peut enquêter, poursuivre et juger des personnes, que si l’État concerné a ratifié le "statut de Rome" et que s’il ne mène pas ce travail judiciaire lui-même. L’idée d’instaurer une juridiction internationale était ancienne. Le procès de Nuremberg, dans la foulée de la 2e guerre mondiale, avait conforté l’idée que de grands criminels pouvaient être jugés par une cour internationale. Les Etats qui avaient signé et ratifié ce statut voulaient voir naître une juridiction permanente qui punisse les criminels, mais aussi qui reconnaisse les victimes et qui prévienne d’éventuels crimes ultérieurs, une justice régulatrice. Comment fonctionne la CPI ?La CPI dispose d’un budget annuel de 158 millions d’euros. 900 personnes travaillent pour elle. A sa tête, un procureur général, pour le moment il s’agit du Britannique Karim Kahn. La cour est composée de 18 magistrats. Quand une enquête commence, une chambre préliminaire instruit le dossier en rassemblant des preuves. Puis elle peut engager des poursuites et délivrer des mandats d’arrêts. Une personne sous mandat d’arrêt est susceptible d’être interpellée dans les 123 Etats qui ont ratifié ou rejoint le statut de Rome. Jusqu’à son arrestation, sa liberté de mouvement est donc déjà fortement limitée. Une fois arrêtée, cette personne sera détenue dans une prison des Pays-Bas en y attendant son procès. Aujourd’hui, des enquêtes de la CPI sont ouvertes dans 16 Etats. Une quarantaine de mandats d’arrêt sont délivrés. Mais en 20 ans, seules cinq personnes ont été condamnées par la Cour pénale internationale, tous ressortissants d’Afrique subsaharienne. Il y a décalage entre les ambitions initiales de la CPI et ce bilan-là. Pourquoi ? De grands Etats absentsPourquoi si peu de condamnations, alors que les attentes étaient si grandes ? Il y a beaucoup d’obstacles à ces enquêtes, ces arrestations, ces comparutions. L’une des faiblesses de la CPI date de ses premières heures les grands Etats n’en font pas partie et ils s’assurent ainsi une relative immunité. Certains n’ont pas signé le statut de Rome, d’autres l’ont fait mais ne l’ont pas ratifié, d’autres encore s’en sont retirés. Le résultat est que les Etats-Unis, la Russie, Israël, la Chine, la Syrie, l’Inde… sont absents. Leurs ressortissants ne peuvent donc faire l’objet de poursuites de la CPI que si le crime a été commis sur le territoire d’un autre Etat, un état signataire. Un ressortissant russe ne pourrait donc pas être poursuivi par la CPI pour des actes commis en Russie, mais il pourrait l’être sur le territoire ukrainien. Et puis, il y a aussi des infidélités de certains Etats signataires, qui retardent des arrestations. Ainsi l’ex-Président soudanais Omar El-Béchir, sous mandat d’arrêt de la CPI pour génocide et crimes contre l’humanité au Darfour, a continué de voyager notamment dans des pays parties prenantes de la CPI, avant d’être interpellé. Une procédure lente aux nombreuses complicationsUn autre reproche fréquemment adressé à la CPI est la lenteur de la procédure. Depuis l’ouverture d’une enquête jusqu’à la fin d’un appel, il faut compter une moyenne de dix ans. C’est long pour les victimes mais aussi pour certains prévenus, susceptibles de mourir avant l’issue du procès. Pour mener à bien l’instruction, il faut aussi analyser une grande quantité de preuves. A la naissance de la Cour, les enquêteurs brassaient du papier. Aujourd’hui s’y ajoutent de très nombreux documents numériques, des vidéos d’exactions, des photos dont il faut recouper la fiabilité, retracer la provenance, identifier les intervenants. Et sur ce processus long, pèse aussi l’influence de certains Etats, soit pour que la CPI entame des poursuites contre tel dirigeant, soit pour qu’elle les range dans un tiroir. Cela fait dire aux détracteurs de la CPI qu’elle applique une justice sélective. Un exemple ? Les Etats-Unis, même sans être partie prenante de la CPI, ont fait pression dernièrement. En mars 2020, la CPI annonçait l’ouverture d’une enquête sur des crimes présumés en Afghanistan, des crimes commis par les talibans, par les forces de sécurité afghanes, mais aussi par l’armée américaine et le personnel de la CIA, l’agence américaine de renseignement. En réponse, Donald Trump, alors Président américain, avait édicté des sanctions personnelles à l’égard de la Procureure du CPI. Quelques mois plus tard, le Procureur général suivant n’a plus inclus les actes de militaires américains ou de la CIA dans la mission d’enquête menée en Afghanistan les crimes des Talibans sont plus récents, pires et prioritaires, avait-il argumenté. La CPI va-t-elle juger les crimes commis en Ukraine ?Pour ses 20 ans, la CPI pourrait entamer un travail d’ampleur, qui répondrait aux controverses. Les exactions commises en Ukraine devront être documentées, instruites, poursuivies, jugées par la justice internationale. Huit jours à peine après l’invasion russe, la CPI annonçait déjà l’ouverture d’une enquête en Ukraine. En pleine guerre, des experts internationaux y récoltent déjà des preuves des crimes subis par populations, avec la contribution de la justice Ukrainienne. Et le Procureur général de la CPI Karim Kahn s’est déjà rendu sur place. Le Procureur général de la CPI, Karim Khan, devant des décombres à Kharkiv en Ukraine, mi-juin. AFP or licensorsLa question de la guerre en UkraineMais le procès aura-t-il lieu, pour autant, devant la CPI ? Ce n’est pas sûr. Malgré ces démarches de la CPI, créée de façon permanente pour traiter de telles situations, les criminels de la guerre en Ukraine pourraient ne pas comparaître devant ses juges. Ils pourraient être poursuivis plutôt par un tribunal international spécial dédié à l’Ukraine, temporaire, comme il y en a eu pour l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda. Cette option est sur la table aujourd’hui. Elle a la faveur du Président Ukrainien Volodymyr Zelensky, mais aussi du Parlement européen et du Conseil de l’Europe. Cette option permettrait d’éviter un écueil, parmi d’autres, de la CPI la CPI ne juge jamais un absent. Dans le cas de l’Ukraine, si une responsabilité du Président russe Vladimir Poutine ou de hauts militaires russes pouvait un jour être établie, quelle serait la probabilité que la CPI parvienne à le faire arrêter pour pouvoir le juger ? Un tribunal international spécial peut, pour sa part, juger quelqu’un qui n’a pas pu être amené au prétoire, qu’il s’appelle ou non Vladimir Poutine. Un groupe de juristes avec à sa tête l’avocat Philipe Missamou veut le traduire devant la Haute cour de justice pour trahison et déloyauté ». Un entretien de Seidik Abba, rédacteur en chef de Mondafrique Mondafrique. Vous êtes opposé à la décision du président Sassou Nguesso d’organiser le référendum constitutionnel du 25 octobre. Quels moyens avez-vous pour faire obstacle à ce projet ? Me Philippe Missamou. Cet agissement est une violation caractérisée de la Constitution. Lorsque le président de la république, qui en est le garant, viole la Constitution, il commet un crime de haute trahison. Il doit donc en répondre devant la Haute cour de justice. En l’occurrence, nous allons traduire Denis Sassou Nguesso devant cette juridiction pour avoir commis un acte de déloyauté extrême à l’égard de la Nation, des institutions publiques et de son peuple. Nous allons en tirer les conséquences en saisissant d’abord la Haute cour pour haute trahison, manquements au devoir et aux attributions de président de la république. Nous allons ensuite travailler pour qu’une insurrection populaire balaye ce régime. Il s’agit de faire en sorte que le peuple désobéisse à Sassou. Que toutes les catégories socio-professionnelles se mettent en grève générale. Nous allons organiser des manifestations, des rassemblements pour faire obstacle à cette révision constitutionnelle. M. Comment comptez-vous obtenir une adhésion populaire à votre action, sachant que certains leaders de cette contestation sont d’anciens hauts cadres du régime de Sassou Nguesso ? Me Je ne partage pas votre réserve, si c’en est une! Le peuple congolais a entendu le discours du président Sassou, c’est lui qui va se mobiliser spontanément pour refuser la forfaiture. Nous devons, nous intellectuels congolais, prendre toute notre part dans ce combat-là. Pour moi, qui suis secrétaire général du Collectif des avocats d’origine congolaise en France, ma position est claire il y a une violation de la Constitution, nous ne pouvons pas laisser cet acte impuni. Il me semble important, au demeurant, de rappeler que cette Constitution a été confectionnée par le président Sassou en 2002 pour satisfaire ses ambitions du moment. C’est lui qui a inscrit la limitation de l’âge des candidats à la présidentielle à 70 ans ; c’est également lui qui a inscrit le verrou de la limitation du nombre de mandat à deux après l’avoir fait passer de 5 à 7 ans. Je souligne avec force que ces deux dispositions sont non révisables autant par voie référendaire que par voie parlementaire. M. Le président Sassou vous répond en disant qu’il a saisi la Cour suprême et la Cour constitutionnelle et qu’elles n’ont fait aucune objection à sa démarche. On ne peut quand même pas écarter son explication ? Me Cette argumentation n’est pas du tout recevable. Il n’y a pas d’avis à demander à ce sujet à la Cour suprême ou à la Cour constitutionnelle. Je vous signale que les membres de ces deux juridictions sont nommés par le président Sassou Nguesso et qu’ils ne jouissent de l’indépendance nécessaire pour porter une appréciation objective et crédible dans cette affaire. Ne nous méprenons pas la Cour suprême et la Cour constitutionnelle ne sont pas au-dessus de la Constitution. Elles n’ont pas à conforter les ambitions politiciennes du président Sassou. Car derrière l’argument de la modernisation de la vie politique, Sassou ne cherche qu’à se maintenir au pouvoir. Honnêtement, en quoi abroger la limitation du nombre de mandat ou sauter le verrou de l’âge limite pour se porter candidat sont des progrès. Au contraire, les modifications envisagées sont d’énormes régressions pour la démocratie dans notre pays. Elles relèvent du stratagème d’un vieux président qui cherche à se cramponner à son fauteuil. M. Le président Sassou explique en même temps que le référendum vise à départager les Congolais les uns étant d’accords, les autres pas du tout. Mais pourquoi ne pas aller à la consultation référendaire qui est, à priori, un acte démocratique ? Me L’enjeu n’est pas là ! Ne vous trompez pas. Ce référendum est une violation de la Constitution. Nous ne pouvons pas l’accepter. M. Comment envisagez les prochaines étapes de ce qui ressemble désormais à un bras de fer entre Sassou et vous ? Me C’est justement pour l’en empêcher que nous saisissons la Haute cour de justice. Même si la plainte n’aboutissait pas, notre démarche aura servi de signal d’alarme. M. Votre action, vous société civile, est-elle coordonnée avec le reste de la classe politique ? Me La plupart des opposants congolais que je rencontre ici sont d’accords avec notre démarche, celle de traduire Sassou Nguesso devant la Haute cour. En tout état de cause, n’importe quel citoyen a la faculté de saisir cette juridiction lorsque le président de la république commet un acte de déloyauté envers la Nation. M. A quelle échéance comptez-vous déposer votre plainte contre Sassou devant la Haute cour, sachant qu’il ne vous reste pas beaucoup de temps ? Me P. M. Nous comptons le faire dès la semaine prochaine puis lui assurer un très large écho. Pour nous, le principal enjeu n’est pas que notre plainte soit déclarée recevable. Il s’agit de montrer à la face du monde que le seul dessein du président Sassou est de demeurer éternellement à la tête du Congo. Lorsqu’il avait été question pour lui d’écarter l’ex-président Pascal Lissouba et l’ancien Premier ministre Bernard Kolelas, le président Sassou a taillé à sa mesure une Constitution en 2002. La disposition qui limite l’âge des candidats à 70 ans n’avait pour seul objectif que d’écarter ces deux personnalités du pouvoir. Quinze ans plus tard, il prétend que sa Constitution n’est pas adaptée aux réalités congolaises. Tous les arguments que lui et son camp avancent pour justifier la révision ne sont que des mensonges. De façon cumulée, cet homme a exercé le pouvoir pendant pendant près de 32 ans avec le bilan calamiteux que vous connaissez. Il est comptable de la prédation des ressources de notre pays. Il est responsable de monstrueux crimes économiques et de sang dont l’affaire des disparus du Beach [NDLR Près 353 Congolais ont disparu en mai 1999 dans la zone fluviale de Brazzaville, dite Beach]. M. A vous entendre, on a de bonnes raisons de craindre pour la paix sociale et la stabilité au Congo… Me Le président Denis Sassou Nguesso devrait être tenu pour responsable de tout ce qui arrivera. Le jour où il ne sera plus au pouvoir, le Congo sera pacifié et ouvrira une nouvelle page de son avenir. Nous, Congolais, sommes déterminés à payer le prix qu’il faut pour qu’il parte. Dans ce combat, la diaspora entend prendre toute sa part. A titre personnel, j’entends m’investir dans cette bataille, même si je dois répondre des actes que j’aurai à poser devant le Conseil de l’ordre des avocats. En tout cas, Les Congolais ne laisseront pas Sassou faire.

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